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mardi 15 septembre 2009

La chute de Constantinople (2)

Historine termine son étude sur la chute de Constantinople ... La chute de la ville et donc de l'Empire entraine un bouleversement qui aura des répercussions sur l'ensemble du bassin méditerranéen.... Voici donc la suite de notre récit ...

Bonne lecture.

Les forces en présence
Mehmet annonce publiquement son intention de s'emparer de Constantinople, car il a maintenant la maîtrise de la mer, ce qui avait manqué à ses prédécesseurs. La flotte, rassemblée à Gallipoli, entre dans la Marmara en février 1453.

Préparée en Thrace, sous la surveillance personnelle du sultan, l'armée est sans doute forte de 80 000 hommes, plus des irréguliers, les Bachi-Bazouks, et comprend un corps d'élite, les janissaires – en turc, la « nouvelle armée ». Ils comptent plusieurs milliers d'hommes, recrutés de force parmi les populations chrétiennes mais élevés dans la foi musulmane et bien disciplinés. L'armée est bien équipée et dispose d'une artillerie qui devient efficace et répand constamment la terreur parmi les défenseurs durant tout le siège. En particulier, un ingénieur hongrois, Urbain, avait d'abord proposé ses services à l'empereur, qui avait décliné l'offre faute d'argent ; il s'était alors rendu chez le sultan, pour lequel il avait fondu un canon d'une puissance exceptionnelle, nécessitant soixante bœufs pour le tirer, capable de briser la fameuse muraille de Théodose. Le 5 avril 1453, Mehmet II arriva devant Constantinople avec les derniers détachements de ses troupes.

Dans le camp d'en face, les chrétiens ont un moral assez bas en raison du déséquilibre des forces, mais ils montrent beaucoup de courage et ne désertent pas chez l'ennemi. Les murs sont réparés grâce à la mobilisation financière des habitants. Ceux-ci n'espéraient pas de secours importants de l'Occident. Le Sénat vénitien décide d'envoyer deux navires portant quatre cents hommes chacun, que devaient suivre quinze galères. Le pape Nicolas, sur les fonds pontificaux, envoie trois bateaux génois, qui firent voile fin mars. À Constantinople, les Latins réunissent quelques navires. Parmi les Vénitiens présents à Constantinople, un chirurgien, Barbaro, nous a laissé le seul récit précis qui donne la chronologie du siège. Enfin Giovanni Giustiniani Longo, un Génois, vint se mettre au service de Constantin XI à la tête de neuf cents soldats bien armés. En tout, les défenseurs comptaient sur moins de cinq mille Grecs et deux mille étrangers.

Les péripéties du siège
Les premières escarmouches tournent à l'avantage des assiégés. Le 18 avril, après une canonnade, un assaut turc mené à trop petite échelle est repoussé. Deux jours plus tard, les trois navires génois du pape et un bateau impérial chargé de blé qui avaient passé le détroit des Dardanelles, non gardé, sont repérés et attaqués par toute la flotte turque. Le long affrontement est observé par les combattants des deux camps, mais les navires chrétiens, qui utilisèrent encore le feu grégeois, réussirent à passer, grâce à un coup de vent providentiel dans leurs puissantes voiles. Périrent une centaine de Turcs et vingt-trois chrétiens. Le sultan, furieux, réussit le surlendemain à faire passer plusieurs dizaines de navires au-dessus de Péra et à les faire pénétrer dans la Corne d'Or dont la chaîne tirée depuis Galata leur avait interdit l'accès.

Le camp chrétien allait devoir déployer une partie de ses effectifs sur des remparts moins bien entretenus. Une tentative, le 28 avril, pour mettre le feu par des brûlots aux bâtiments turcs échoua, faute d'avoir su garder le secret.

La résistance des défenseurs se maintenait, en dépit de la funeste nouvelle que la flotte vénitienne de secours n'était pas en vue. Ils s'opposaient avec succès à toutes les tentatives pour miner la muraille, ensevelissant les malheureux sapeurs turcs par des contre-mines. Ils repoussèrent les tours de bois construites par les assaillants et en incendièrent certaines. Dans le camp turc, des signes de lassitude étaient perceptibles et certains murmuraient contre l'inexpérience du sultan. Celui-ci envoya le 23 mai un ambassadeur pour tenter d'obtenir la reddition de la ville épuisée. Devant le refus de Constantin, le sultan tint un conseil de guerre, le 27 mai, où s'opposèrent les points de vue de Khalil, partisan d'arrêter les opérations par crainte d'une croisade, et Zaganos partisan de l'assaut. Ce dernier l'emporta.

La prise de la ville et ses conséquences
Le 28 mai, le basileus, tous ses officiers, tous les chefs latins communièrent une dernière fois à Sainte-Sophie. L'assaut général fut lancé dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 sur tous les fronts simultanément. Dans un premier temps, les murs et leurs défenseurs tiennent. Le combat le plus dur se déroule au Mésoteichon où le gros canon a abattu la muraille. Les premiers assaillants, les Bachi-Bazouks, sont repoussés avec de lourdes pertes. La seconde vague, composée d'Anatoliens, réussit à faire entrer trois cents des siens dans la brèche, mais ils sont abattus.

À l'aube, Mehmet II lance ses janissaires contre les défenseurs épuisés ; les combats sont longs, car les troupes sont bien armées et disciplinées, et les défenseurs fatigués. Or deux événements décident du sort final : une petite porte, celle de Kerkoporta, n'était pas gardée, ce qui permit à des janissaires de pénétrer et la résistance fut soudain désorganisée par la grave blessure de Justiniani. Les défenseurs débordés quittèrent les murs et les Turcs pénétrèrent en masse, massacrant tout sur leur passage.


Le basileus Constantin et les siens furent tués. Le pillage systématique de la ville, accompagné de nombreuses destructions, commença, mais ne dura guère plus d'une journée au lieu des trois jours réglementaires, faute de butin, et les habitants survivants furent réduits en esclavage. cinq mille défenseurs auraient péri et cinquante mille habitants auraient été pris. Une partie des Latins réussit à s'enfuir par mer, car les marins de la flotte turque avaient déserté leurs navires pour participer au pillage. Le sultan entra dans la ville conquise l'après-midi du 30 mai et se rendit à Sainte-Sophie, qu'il transforma en mosquée, accomplissant le rêve des musulmans depuis les premiers califes. Mehmet II complétera sa conquête des derniers territoires byzantins en s'emparant peu après de la Morée en 1460 et de l'Empire de Trébizonde l'année suivante.

Le sultan punit sévèrement les Latins capturés, faisant exécuter le Bayle vénitien et le consul catalan, et exigea de fortes rançons des autres. Son attitude face aux Grecs fut plus ambiguë car il songeait déjà à la reconstruction. Il fit décapiter Luc Notaras et ses fils, après avoir hésité à en faire le gouverneur de Constantinople. Anne, fille de Luc, partie de Constantinople avant le siège, vécut à Venise, disposant de la fortune familiale. Le sultan se soucia immédiatement de repeupler la ville dont il voulait faire sa future capitale. Il racheta lui-même une partie des habitants, qu'il établit dans le quartier du Phanar. Il nomma un nouveau patriarche, Scholarios, à qui il donna autorité sur la communauté grecque. 1453 marquait donc aussi pour Constantinople un nouveau départ, la promesse de redevenir la capitale d'un vaste empire qui s'étendait, comme son prédécesseur, sur deux continents.

Du basileus Constantin XI Paléologue, on ne retrouve que les insignes impériaux et un corps que plusieurs soldats, y compris turcs, reconnaissent être celui de l'empereur. La légende entretient ainsi l'image d'un souverain ayant combattu jusqu’aux dernières heures de Byzance, et mort l'épée à la main.
Au cours des années 1990, les travailleurs qui réparaient les fondations d'une ancienne église grecque d'Istanbul découvrirent un squelette décapité chaussé de bottes pourpres frappées d'un aigle argenté, le symbole de la dynastie des Paléologues. Il est possible qu'il s'agisse du corps du dernier empereur de Byzance.

La chute de Constantinople correspond cependant à un réveil de la culture grecque en Occident : tous les savants grecs après la chute du dernier État grec qu'était Trébizonde se réfugient en Italie où ils apportent le reste de leur bibliothèque et leur savoir. Ce mouvement conduit à la Renaissance, qui parachève la redécouverte d'Aristote par les érudits du Moyen-Âge, dont Roger Bacon, Albert le Grand et Thomas d'Aquin au cours des deux siècles précédents.

3 commentaires:

  1. "À l'aube, Manuel II lance ses janissaires..." je suis en train de lire votre article si bien presenté. corrigez s'il vous plaît cette petite erreur typographique: ce n'est pas Manuel II mais Mehmet II.
    :)

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  2. j'ai lu votre article au complet et vous en remercie beaucoup.
    helene condylis

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  3. coquille corrigée ... merci de vos compliments!!

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